bébé zéro déchet
Zéro Déchet

Bébé zéro déchet

Après un premier article sur la maternité zéro déchet consacré à la grossesse et au post-partum, je reviens avec le nouvel article de cette série : un bébé zéro déchet, oui, c’est possible !

Ca y est : nous pouvons nous concentrer sur le nerfs de la guerre. L’objet du délit. Le marmot.

S’équiper version zéro déchet

Notre société de consommation est bien rodée. Pendant la grossesse déjà, les injonctions à préparer l’arrivée du bébé vont être légion. Et quand on dit préparer l’arrivée du bébé, de quoi parle-t-on? D’informer les parents sur le développement et les besoins de leur futur enfant? De leur parler de toutes les manières qu’il peut y avoir d’élever un enfant? De leur présenter tous les chemins alternatifs qui sortent un peu de la voie mainstream poussette/biberon/transat? D’armer les futurs parents face au tsunami qui va débouler dans leurs vies, remettre en questions leurs principes et les changer durablement?

Bah non bien sûr ! On vous parle de toute les choses fon-da-men-tales qu’il va falloir acheter pour ce petit être qui a décidément beaucoup de besoins matériels (ah bon?)

Difficile de trouver des chiffres pour définir le budget moyen des parents avant la naissance. Certains sites parlent de 4000€ rien que pour l’équipement (meubles de la chambre, siège auto, poussette…) ! Allez, c’est le bon moment pour vous recoller la pyramide de Maslow version besoin d’achat !

pyramide maslow besoin d'achat

Au delà de l’aspect financier (4000€!), bien réfléchir à vos besoins vous permettra de réduire considérablement la liste des choses à acheter et donc des biens à produire. Une poussette tout terrain alors que vous habitez en ville? Un chauffe-biberon alors que vous envisagez l’allaitement? Le parc, le transat, la chambre complète avec motifs hyper enfantins que vous regretterez peut-être dans 2 ans? Et ces petits accessoires personnalisés au prénom de votre enfant que vous n’arriverez à refourguer à personne (surtout si comme moi vous vous êtes un peu éloignés du top 10 des prénoms les plus donnés…)? Avez-vous réellement besoin d’un super tapis d’éveil motif savane alors que vous avez tout un tas de plaids chez vous? D’un coussin d’allaitement alors que vous avez un traversin? Avez-vous besoin de 15 bavoirs? Échangez avec les parents autour de vous : quels ont été leurs indispensables, ou au contraire les acquisitions complètement inutiles pour eux? Attention, d’un parent à l’autre, d’un enfant à l’autre, les besoins ne sont pas les mêmes. Pour ma deuxième, j’ai eu besoin de 5x plus de vêtements que pour sa grande soeur, mais pour ma deuxième j’aurais pu me passer de poussette vu qu’elle a été portée en écharpe quasiment exclusivement les 6 premiers mois de sa vie.

Encore une fois, pensez à l’occasion ! Que ce soit pour le mobilier, pour les vêtements, les jouets, tout est en général très peu utilisé (ça grandit vite ces bêtes là!) et quasiment neuf. La seule chose sur laquelle j’ai fait l’impasse de l’occasion : le siège auto, parce qu’on ne plaisante pas avec la sécurité routière. J’ai par contre planché 3 mois pour trouver un siège sécuritaire et qui durerait dans le temps (mon aînée est restée dans le même siège dos route entre ses 10 mois et ses 4 ans), et l’achat ayant été plus que réfléchi, je n’ai jamais eu à la regretter!

Et si vous voulez éviter d’être inondés de cadeaux neufs par vos proches un peu trop enthousiastes : brieffez les. Mais alors vraiment, brieffez les BEAUCOUP. Pour ceux que l’occasion rebute, proposez les cadeaux faits-mains (qui ont tellement plus de valeur) ou immatériels : les futurs cours de bébé nageurs, un cours de portage à la naissance, des plats cuisinés avec amour à stocker au congélateur ou des heures de ménage pour soulager les jeunes parents (meilleurs cadeaux du monde!). Le bon plan peut être de faire une liste de naissance, mais attention, pas une qui va vous lier à une enseigne spécifique où vous ferez des choix par défaut. Pour mes deux filles, j’avais utilisé le site Mes Envies et je trouve que le fonctionnement est juste parfait. J’avais pu y intégrer des idées de cadeaux expériences, de l’occasion, le lien vers ma petite librairie chouchoute pour faire le plein de livres, proposer des achats auprès de petits artisans… Bref, le top.

Une autre solution : l’emprunt ou la location ! Que ce soit pour les jouets, pour le lit parapluie qu’on n’utilise qu’une fois par semestre, le porte bébé pour votre semaine de rando en montagne… pas la peine d’acheter si vous ne comptez l’utiliser que rarement. Ces systèmes se mettent en place via des entreprises spécialisées dans la puériculture (Kid&Loc pour le Maine et Loire!) ou entre particuliers (Zilok, Allovoisins, Kiwizz…) et peuvent aussi vous permettre de tester avant achat pour le matériel onéreux par exemple.

On a un peu fait le tour de l’équipement, voyons un peu du côté des “consommables” classiques du bébé… et de leur version zéro déchet.

L’alimentation du bébé zéro déchet

Du côté de l’alimentation : je me lance dans un sujet dangereux, mais il est irréfutable que l’allaitement maternel générera moins de déchets qu’une alimentation au lait infantile. Notez que l’OMS recommande un allaitement maternel exclusif jusqu’à au moins 6 mois, ce qui veut dire au moins 6 mois sans bouteilles d’eau minérale ou boîtes de lait en poudre contrairement à l’alimentation artificielle. 

POUR AUTANT, je pense que sur ce sujet là ce n’est pas l’écologie qui doit être votre principale motivation, loin de là ! L’allaitement maternel est un sujet très personnel dont le choix doit revenir exclusivement à la maman et pour lequel le deuxième parent se doit d’apporter soutien psychologique et matériel, POINT. Un allaitement réussi est un allaitement serein, peu importe sa durée. Informez-vous sur le sujet pendant la grossesse et faites vous soutenir par des associations de soutien à l’allaitement ou des professionnels de la lactation certifiés.

allaitement

Lors de l’allaitement, optez pour des coussinets d’allaitement lavables plutôt que des jetables. Pour les petits maux de débuts d’allaitement, pensez aux coquillages d’allaitement (look Petite Sirène garanti) (ou pas) et aux compresses de lait maternel (et surtout cherchez les causes des douleurs, l’allaitement n’est pas censé faire mal!)

En cas d’alimentation artificielle, privilégiez l’occasion pour les biberons, testez le simple bain-marie pour voir si le chauffe biberon est indispensable, et privilégiez des laits infantiles bio. 

A partir de la diversification, choisir le fait-maison sera évidemment l’option la plus zéro déchet : comme pour vous ! Cuisinez à partir de produits frais et bruts, locaux, de saison, bref, gardez la même philosophie de consommation pour votre tout petit ! Renseignez vous sur la DME (Diversification Menée par l’Enfant) qui est une manière très intéressante d’aborder la diversification alimentaire.

Propre comme un bébé zéro déchet

Pour les produits d’hygiène, vous allez découvrir qu’on est capables de vous vendre à peu près autant de saletés que pour les adultes.

Limitez les produits au plus strict nécessaire : les premiers mois, un bébé peut être lavé uniquement à l’eau sans soucis! Pour adoucir l’eau du bain s’il a la peau sèche, des flocons d’avoine glissés dans un petit pochon auront un effet bénéfique sans agresser sa peau. Par la suite, un savon saponifié à froid le plus simple possible (sans parfum, ou au lait d’avoine par exemple) suffira à laver corps et même cheveux. 

Pour le change, deux écoles : certains ne lavent qu’à l’eau (et éventuellement un peu de savon pour les selles), d’autres préfèrent le liniment. Bonne nouvelle, c’est un produit extrêmement facile à faire soi-même! A partir d’eau de chaux (qu’on peut acheter en pharmacie) et d’huile d’olive, il est réalisable en un tour de main.

L’argile blanche est également un produit assez fabuleux qui remplacera le talc (suspecté d’être dangereux en cas d’inhalation ou d’utilisation sur les muqueuses!) qui assèche les irritations du siège, qui peut être utilisé pour les soins du cordon et même en cas d’épisiotomie ou de déchirure chez la maman lors de l’accouchement. Réutilisez une salière pour une utilisation facile et pratique.

Utilisez bien évidemment des lingettes lavables : un lot d’une vingtaine de carrés lavables vous économisera des centaines de leur équivalent jetable, voire pire, de lingettes jetables, calamité écologique, cauchemar des stations d’épurations (mais arrêtez de les mettre dans les toilettes bon sang de bonsoir!) et bourrées de produits irritants… C’est le produit à bannir tant pour la santé de vos enfants que pour votre démarche écologique. On parle souvent de leur praticité en vadrouille, mais une gourde et une lingette lavable font très bien l’affaire, promis ! Vous pouvez facilement les coudre vous même à partir de tissus récupérés. Le bambou est une matière toute douce qui vieillit très bien et ne devient pas rêche, c’est l’idéal !

Pour le petit matériel quotidien : si vous n’utilisez plus de coton-tiges, pas la peine d’en racheter! Vous pouvez très bien utiliser un oriculi comme pour vous, en se limitant comme toujours au pavillon de l’oreille. Les pipettes de sérum physiologiques peuvent être faites maison, mais soyez extrêmement précautionneux lors de la réalisation de la préparation pour rester le plus hygiènique possible : on parle de la santé de votre bébé !

Et enfin il reste… les couches lavables. Bien entendu, les couches jetables représentent sans doute le volume de déchets le plus impressionnant qui soit à l’arrivée d’un enfant. Jusqu’à la propreté, un enfant va utiliser en moyenne 5000 couches jetables. C’est 1 tonne de déchets non recyclables qui mettront plus de 200 ans à se dégrader. Des produits issus de la pétrochimie en pagaille. Des compositions inconnues (zéro transparence de la part des fabricants, et régulièrement des scandales sanitaires). Bref, c’est LE point à travailler quand on se lance dans une démarche zéro déchet avec un enfant, et pourtant, passer aux couches lavables paraît parfois tellement insurmontable. Pour vous prouver que non, et que même d’ici quelques temps vous n’y trouverez que des avantages, je vous prépare un article spécial à l’occasion de la Semaine Internationale de la Couche Lavable, qui se déroule cette année du 20 au 26 avril (c’est en ce moment !)

Quelques derniers mots en conclusion : éduquez vos enfants à l’écologie ! Faites en des citoyens avertis, curieux et engagés. C’est finalement sans doute cela qui aura le plus d’impact à long terme.

Montrez leur, en grandissant, que le monde n’est pas obligatoirement fait de gourdes de compotes qu’on jette aussitôt bues, que les gâteaux du goûter peuvent se faire en cassant des oeufs (ou sans d’ailleurs), que les légumes ça pousse dans la terre et pas dans des sacs surgelés, qu’une brosse à dent n’a pas besoin de faire de la musique, que des jouets d’occasions (et moins de jouets) ne rendront pas leur vie moins gaie que celle des copains… Bref, pour les prochaines années, on promet que vous n’allez pas vous ennuyer !

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